Le Maquis du Grésivaudan
Durant la Seconde Guerre mondiale, face à l’Occupation allemande et à la politique du régime de Vichy, de nombreux groupes de résistants se constituent dans les zones rurales et montagneuses. Ces groupes, appelés maquis, trouvent dans les reliefs alpins du Grésivaudan et de Belledonne un terrain favorable à la clandestinité.
La naissance du maquis (1942)
Le Maquis du Grésivaudan se structure à partir de la fin de l’année 1942, sous l’impulsion de Jack Quillet, assisté d’Alphonse Manhaudier. Cette organisation naît dans un contexte marqué par l’instauration du Service du Travail Obligatoire (STO), poussant de nombreux jeunes à entrer dans la clandestinité pour éviter la déportation vers l’Allemagne.
Les premiers groupes s’installent dans des zones isolées du Grésivaudan et sur les contreforts de Belledonne, profitant du relief, des forêts et de la solidarité d’une partie de la population locale.
Structuration et extension (1943)
Au début de l’année 1943, Alphonse Manhaudier, connu sous les pseudonymes « Martigues » puis « Évreux », reçoit la mission d’étendre et d’organiser les maquis autour de Grenoble. Il met en place un réseau couvrant le Bas-Grésivaudan, les hauteurs de Belledonne et certaines zones proches de l’Oisans.
À partir de l’été 1943, l’intendance et la logistique des maquis sont renforcées. L’approvisionnement en nourriture, carburant, vêtements et armes est assuré grâce à des complicités civiles et des réseaux spécialisés dans le renseignement.
La Compagnie Bernard
Parmi les unités issues du Maquis du Grésivaudan, la Compagnie Bernard, dirigée par Georges Manusset, dit « Bernard », est créée en 1943. Elle mène des actions dans le secteur du Grésivaudan, notamment sur les hauteurs entre Pontcharra et Grenoble.
Après une dénonciation, la compagnie est contrainte de se replier vers les massifs plus élevés de Belledonne, puis vers les Sept-Laux. Elle participe ensuite activement aux combats de la Libération, notamment à l’été 1944.
Été 1944 : combats et libération
À l’approche de la Libération, les groupes du Maquis du Grésivaudan intensifient leurs actions. Sabotages, harcèlement des troupes allemandes et soutien aux Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) se multiplient dans la vallée et les massifs environnants.
Dans la nuit du 20 au 21 août 1944, plusieurs groupes francs du secteur Grésivaudan–Belledonne participent à des actions coordonnées, marquant l’engagement direct des maquisards dans les combats de la Libération locale.
Mémoire et transmission
Après la guerre, la mémoire du Maquis du Grésivaudan est entretenue par les anciens combattants, les familles et les collectivités locales. Des monuments commémoratifs sont érigés en hommage aux résistants tombés au combat.
Aujourd’hui, la Maison des Maquis du Grésivaudan conserve et transmet cette histoire, rappelant l’engagement d’hommes et de femmes qui ont choisi la clandestinité, souvent au péril de leur vie, pour défendre la liberté et la dignité humaine.
Source de référence : Wikipédia – Maquis du Grésivaudan
